Les thrips se rebiffent

Ce titre n’est pas une « satire » d’un film célèbre mais ce qui se passe avec les thrips et en particulier avec les nouveaux venus, les thrips dits exotiques.

Dans la pratique, les insectes se défendent de différentes façons évitant ainsi de se faire manger ou parasiter. Par exemple certaines espèces de pucerons se suicident pour avertir le reste de la colonie d’attaque. Certaines espèces de cochenilles fouettent littéralement avec leurs appendices les intrus qui se trouveraient trop près d’eux, d’autres se sont habitués sur des plantes contenant des alcaloïdes toxiques les rendant ainsi dangereuse pour leur prédateur tel qu’Aphis nerii.

Nous avons déjà abordé dans différents blogs le désavantage de la globalisation: réduire le coût des produits agricoles mais qui entraîne l'importation des ravageurs exotiques comme la Drosophila suzukii ou Halyomorpha halys.

Pour en revenir au Thrips, de nouvelles espèces sont récemment arrivées en Europe provoquant des problèmes qui étaient plus ou moins gérés. Ils ont des méthodes de défense différentes de nos thrips dits« indigènes », Frankliniella occidentalis le plus communément observé ici ést quand même d’origine Californienne.

L’Espagne est touché ainsi que la Hollande, ces espèces rendent leur lutte beaucoup plus difficile, l’Espagne comme la Hollande sont de plus des pays qui exportent un peu partout en Europe leurs produits et leurs ravageurs.

Voici les espèces concernées:

- Thrips parvispinus

- Echinothrips americanus

- et le dernier en date Scirtothrips dorsalis

Frankliniella occidentalis, notre local n’est pas sans arme. En effet il émet des gouttelettes anales impliquées dans sa défense, ce qui alarme les autres thrips pour se cacher, s’enfuir et puis il utilise son abdomen comme un fouet contre les prédateurs. Thrips parvispinus lui est plus direct, il mange les œufs d’acariens prédateurs et il est capable comme son cousin de fouetter avec son abdomen les prédateurs mais il est plus efficace. Les larves d'Echinothrips americanus, elles se défendent si bien que même les larves du premier stade, le stade le plus vulnérable à la prédation, est presque invulnérable à la prédation par les acariens prédateurs.

Mais ils ne mangeraient pas les œufs de ces attaquants. Ouf on peut se rassurer.

Scirtothrips dorsalis lui n’aurait pas de défense aussi importante que les autres espèces mais serait moins appétissant nutritionnellement. Et malheureusement pour nous d’autres espèces de Thrips sont au tournant, Thrips setosus, Hercinothrips femoralis, Scirtothrips inermis, etc…

La lutte est possible et continuera mais tout cela a un coût écologique, économique et social et je ne suis pas convaincu que cela en vaille la chandelle.

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