Symbionts

Non, ce n’est pas le dernier film de super-héros. C’est le terme utiliser pour décrire des organismes s’associant avec des insectes.

Certains de ces organismes arrivent à contrôler si un insecte est mâle ou femelle, si sa progéniture survivra ou pas, ils peuvent aussi ajouter une résistance aux ennemies naturels, remplissent un rôle de nutrition déficiente de l’hôte, etc…

Ce n’est pas nouveau, un exemple bien mieux connu est les mycorhizes qui s’associe avec des plantes, chaque partie apportant des avantages complémentaires. Cette science spécifique aux insectes était il y a peu encore travaillé par une poignée de chercheurs.

Un livre récemment publié « Insects and their beneficial Microbes » vulgarisent cette interaction et la met pour la première fois à la lumière.

Alors pourquoi en parler, des organismes vivants infectées cela n’est pas nouveau et cela fait partie du « jeu » de l’évolution. Mais pour ce qui concerne notre spécialité de la lutte biologique utilisant des insectes ; cette étroite relation et surtout ces modes d’actions peuvent expliquer parfois le manque d’efficacité de certains auxiliaires.

Cette science aurait aussi le potentiel de devenir une autre méthode de contrôler des ravageurs, imaginer interférer sur le sexe de la progéniture.

Ces organismes comme expliquer plus haut peuvent changer le comportement des insectes, sans être associées physiquement, une recherche menée en 2018 sur la drosophile a montré que certains organismes influaient l’attractivité des drosophiles sur des molécules n’ayant rien à voir avec un comportement normal de drosophile telle que des huiles de pétrole et même du lait. Ce qui pourrait expliquer pourquoi les attractifs contre les drosophiles ont un effet souvent insuffisant.

Un autre exemple est l’utilisation de parasitoïde contre les pucerons, simple et fréquemment pratiqué avec des espèces telle que les Aphidius. Mais parfois, cette efficacité peut être réduite par la présence de symbionts. Le puceron du pois Acyrthosiphon pisum a été analysé et on se rend compte que la présence de symbiont dont Hamiltonella, augmente la protection de son hôte contre les parasitoïdes notamment certains Aphidius. De plus, ces bactéries sont héritées comme l'ADN mitochondrial et de ce fait, elles peuvent faire partie de l'arsenal adaptatif du puceron. Mais il y a une contrepartie du puceron, une rente, un loyer à payer pour cette protection et il semblerait que la température soit le facteur majeur dans cette relation. La nature est bien trop complexe…

Cette protection du symbiont peut aussi être réduite par une diversité génétique de ces mêmes parasitoïdes.

La conclusion est que la diversité, quantitatif mais aussi qualitatif des agents biologiques est la clef du succès.

Notre élevage est constamment renouvelé pour éviter ce processus, pour certains agents biologiques nous renouvelons jusqu’à plus de 15 fois par an.

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