Plantes attractives exemple de la punaise verte Nezara viridula et de son parasitoïde Trissolcus basalis

La diversité est la clé du succès dans la lutte contre les ravageurs et maladies des cultures. On en a parlé souvent dans nos blogs, elle n’est pas seulement liée aux multiples agents biologiques utilisables ou leur diversité génétique.

Mais aussi sur les différentes méthodes. La recherche se diversifie aussi notamment sur le potentiel des plantes à attirer des insectes, les maintenir ou même les nourrir quand la production à protéger ne le permet plus.

Des chercheurs espagnols de l'Institut Recherche et de Technologie Agroalimentaire (IRTA) ont évalué l'efficacité de planter des plantes dites pièges à proximité des vergers de noisetiers pour deux de leurs ravageurs, Palomena prasina et Nezara viridula, toutes deux connues sous le nom de punaise verte. Le but est simple, de tester des plantes attractives telles que le pois chiche, le sainfoin ou le sorgho, de voir si ces ravageurs restent pour se nourrir, s'abriter ou s’accoupler, plutôt que de se déplacer vers les noisetiers.

P. prasina et N. viridula sont des insectes piqueur-suceurs qui s‘attaquent à de multiples plantes dont les noisetiers. Ils provoquent dans les premiers stades de développement, une chute prématurée des noisettes ou les déformes mais ils provoquent aussi des conditions telles que, par exemple les taches blanches sur la graine. Cela entraîne des pertes de récolte pouvant atteindre 30% selon les années, les exploitations et les variétés, et affecte également la qualité de la noisette.

Des plantes pièges ont été ainsi installées parmi les noisetiers pour que dès le mois de mai, date à laquelle les punaises sortant de l'hibernation, jusqu'en octobre, date à laquelle elles hibernent à nouveau est un environnement plus propice que les noisetiers. Des nymphes et adultes en nombre ont été trouvés dans le sainfoin et des adultes dans le sorgho. L’idée est de minimiser les traitements uniquement sur les plantes dites pièges. C’est la méthode dites « Attract and Kill ».

De l’autre côté, le parasitoïde d’œuf de la punaise verte Nezara viridula cité plus haut est un hyménoptère très efficace. Mais comme tous parasitoïdes, elles ont besoin de nourriture pour pouvoir prospecter les œufs de punaise. Les conditions de cultures modernes, type monoculture, dans lesquels elles sont introduites ne permettent pas toujours de maintenir des adultes en bonne santé. Parasiter des œufs oui mais vous en faites moins si vous n’avez pas grand-chose à manger ou de mauvaise qualité. Comme je dis souvent à mes clients ; vous n’allez pas faire courir un athlète plus vite s’il/elle a faim. Pour les insectes c’est la même chose.

Une étude australienne de 2007 a essayé de découvrir les plantes les plus nourrissantes pour Trissolcus basalis et ainsi de les maintenir plus longtemps en vie. En condition « normale », nous savons que passez une semaine un Trissolcus basalis introduit n’est plus efficace. Et donc il faut en introduire d’autre pour couvrir la période d’oviposition des punaises (plusieurs semaines).

Différentes espèces de plantes ont été ainsi testé et c’est l’œillet d'Inde (Tagetes patula) qui gagne le ponpon puis le basilic (Ocimum basilicum), le sarrasin (Fagopyrum esculentum), etc... L’œillet dinde pourrait maintenir un adullte Trissolcus basalis plus de 33 jours, plutôt intéressant quand on connaît le prix d’une bouteille, cela maintient d’autre insectes bien utiles pour d’autre ravageur.

Cette source de nourriture augmente leur durée de vie mais aussi la qualité de leur vol en termes de temps passé à chercher des œufs de punaise.

L’important dans tous cela, n’est pas vraiment de planter forcément ces plantes nourrissantes car l’étude vient d’Australie mais de laisser un peu de place dans vos serres pour des plantes localement observé qui maintiennent des insectes naturellement.

La liste est longue, souci, lobullaria, thym, bourrache, il y a beaucoup d’étude de recherche.

Diversité est la clé.

Sources:

https://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/09670870500312778

https://www.phytoma.com/noticias/noticias-de-actualidad/el-irta-evalua-el-uso-de-cultivos-trampa-para-controlar-los-chinches-del-avellano

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