L'importance des fleurs pour les insectes

Les fleurs ne sont pas simplement des éléments esthétiques. Elles fabriquent du nectar et du pollen.

La plupart des plantes à fleurs sécrètent du nectar, un liquide sucré. Que ce soit par les fleurs elles-mêmes grâce à des organes dédiés qu’on appelle nectaires floraux ou, encore plus étonnant, par des nectaires extrafloraux situés à divers endroits de la plante et dont la fonction est d’attirer les agents biologiques (prédateurs ou parasitoïdes) servant de défenses contre les agresseurs du végétal. La majorité du nectar est constiué d’eau et de sucre. C’est une source d’énergie très importante pour les insectes.

Les fleurs produisent également du pollen qui est riche en protéines. Et, contrairement aux idées reçues, il n’y a pas seulement les abeilles ou les papillons qui s’en nourrissent. Punaises, acariens, mouches… Et même certaines araignées ! Nombreux sont ceux dont le pollen fait partie de leur alimentation.

Des recherches menées sur Trichopria drosophilae, un parasitoïde de Drosophila suzukii ont montré, que la présence de fleurs contribue à augmenter sa longévité et sa fécondité. De ce fait, ces fleurs améliorent la lutte contre les ravageurs des cultures. Ces augmentations de longévité ou fécondité varient en fonction des espèces végétales qui conviennent plus ou moins à chaque espèce. Par exemple les fleurs avec des nectaires plus exposés sont plus favorables aux prédateurs.

L’important dans tout ça est d’avoir une diversité florale permettant une floraison continue et donc un apport varié et régulier.

Un lieu de vie méconnu

Les fleurs ne servent pas uniquement de source de nourriture aux insectes. Les différentes parties végétales de la plante, feuilles, tiges, pétales, servent de refuges à ces petites bêtes. La diversité des structures florales crée une multitude d’habitats à leur échelle et adaptés à leurs besoins. Elles peuvent servir en tant qu’abri pour échapper à des prédateurs ou bien à des conditions météorologiques défavorables comme le froid ou la pluie. Elles font aussi office de lieux d’accouplement, de sites de ponte ainsi que de lieu zones de repos.

Il suffit de se pencher sur des fleurs quelques minutes pour observer l’activité qui y règne…

Cet habitat grouillant de vie fournit donc aussi des proies aux prédateurs et parasitoïdes.

Un écosystème floral à protéger

Que vous soyez un grand producteur de tomates ou un simple jardinier du dimanche, il est temps d’adopter des pratiques plus durables. Pour cela, pas besoin de grands moyens ni d’entretien. Laisser un coin de terrain en friche est déjà un premier pas pour laisser entrer cet écosystème chez soi. Pensez-y avant de sortir votre tondeuse ! Pour les plus motivés à avancer sur le chemin d’un environnement plus sain, semer des bandes fleuries, planter des arbustes ou des haies sont les premiers pas.

Attention cependant aux espèces choisies car elles n’ont pas toutes un intérêt vis-à-vis de l’environnement que l’on souhaite recréer. Par exemple, certaines espèces horticoles sélectionnées pour leur côté esthétique ne sont pas forcément adaptées pour nourrir les insectes contrairement à certaines espèces florales naturellement présentes localement.

Certains organismes de recherche proposent des listes non exhaustives d’espèces pouvant être conseillées pour composer sa bande fleurie.

Sources:

</pHerz,A.;Dingeldey,E.; Englert, C. More Power with Flower for the Pupal Parasitoid Trichopria drosophilae: A Candidate for Biological Control of the Spotted Wing Drosophila. Insects 2021, 12, 628. https://doi.org/10.3390/ insects12070628

He, X., Pødenphant Kiær, L., Moestrup Jensen, P., Sigsgaard, L., The effect of floral resources on predator longevity and fecundity: A systematic review and meta-analysis, Biological Control (2020), doi: https://doi.org/10.1016/j.biocontrol.2020.104476

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