Cochenilles

Lutte biologique contre les cochenilles | INSECTES UTILES

Noms communs : Cochenille farineuse, Cochenille australienne, Cochenille à bouclier, Cochenille à carapace

Noms scientifiques : Planococcus spp., Icerya purchasi, Aonidiella aurantii, Ceroplastes rusci, etc...

Plantes affectées : Culture ornementales, fruitières et maraîchères (selon espèces)

Symptômes : Réduction de la vigueur, miellat collant sur le feuillage favorisant la fumagine qui réduit la photosynthèse

Activité : Toute l’année si plante est protégé

Cycle : 2 à 4 générations par an

Contrôle : Pour la cochenille farineuse : Mars à Octobre avec des prédateurs de type Cryptolaemus montrouzieri et Nephus includens et avec un parasitoïde Anagyrus pseudococci (A. vladimiri). Pour la cochenille australienne & des Seychelles : Mars à Octobre avec des prédateurs de type Rodolia cardinalis. Pour la cochenille à bouclier et à carapace : Avec des prédateurs de type Chrysoperla carnea et Exochomus quadripustulatus. Agricolle a un effet sur sur les stades baladeurs.

Comment différencier les différentes cochenilles ?

Famille Diaspines

Cochenille à bouclier

Taille de la Cochenille à bouclier
Taille
1 à 3 mm
Miellat
Ne produit pas de miellat
Critère d’identification
Corps facilement détachable du bouclier
Commentaire
Formes des encroûtement sur les tiges et/ou feuilles

Famille Lécanines

Cochenille à carapace

Taille de la Cochenille à carapace
Taille
3 à 8 mm
Miellat
Produit du miellat
Critère d’identification
Corps attachée à la carapace

Famille Pseudococcines

Cochenille farineuse

Taille de la Cochenille farineuse
Taille
3 à 7 mm
Miellat
Produit du miellat
Critère d’identification
Corps ayant un aspect cotonneux, blanc grisâtre
Commentaire
Très mobiles toute leur vie

Famille Monophlebidées

Cochenille australienne & des Seychelles

Taille de la Cochenille australienne
Taille
5 à 10 mm
Miellat
Produit du miellat
Critère d’identification
Cannelures blanches pour l’australienne et bourrelet jaune pour celle des Seychelles
Commentaire
Rarement trouvé sur les fruits

Appartenant à l'ordre des Hémiptères, ce très large groupe d’espèces, de plus de 8000 espèces, sont des ravageurs très importants pour les cultures et sont de plus en plus souvent observés.

Ces petits insectes piqueurs-suceurs peuvent s’attaquer à toutes les parties de la plante et sont présents sous tous les climats. Ils vivent en colonies.

Les dégâts sont les plus graves au printemps et en été, favorisés par le temps chaud. Ils profitent des zones sans hivers froids ou sur les plantes d'intérieur. De nombreuses espèces ont profité du commerce de plantes pour s’installer dans de nombreuses régions de France.

Les cochenilles se nourrissent de la sève, réduisant la vigueur des plantes, provoquant dans le pire des cas la chute des feuilles et fruits prématurées et excrétant (dépendant des familles) du miellat collant sur lequel la fumagine se développe. Ils sont des vecteurs de virus comme l’enroulement de la vigne.

Les femelles ressemblent toujours aux formes larvaires et sont les formes qui créent les dégâts. Les mâles beaucoup plus petits et sont très diffèrent morphologiquement des femelles et peuvent ressembler à des mouches et ne vivent que quelques jours.

Vous achetez les cochenilles avec vos plantes, les cochenilles femelles marchent quelques mètres tous au plus et ne peuvent pas voler et donc se disséminer.

En savoir plus sur les cochenilles farineuses (Pseudococcines)

Voici quelques espèces les plus répandues :

  • Cochenille farineuse du Citronnier (Planococcus citri)
  • Cochenille farineuse à longue queue (Pseudococcus longispinus)
  • Cochenille de Comstock (Pseudococcus comstocki)
  • Cochenille farineuse (Pseudococcus viburni)
  • Cochenille farineuse de la Vigne (Planococcus ficus)
  • Cochenille du Frêne (Pseudochermes fraxini)
  • Cochenille farineuse du platane et du pommier (Phenacoccus aceris)
  • Cochenille Verte (Phenacoccus madeirensis)
  • Cochenille Bohémienne (Heliococcus bohemicus)
  • Etc…

De la famille des Pseudococcidés, ces petits insectes ont une apparence blanchâtre, grisâtre ayant un aspect cotonneux d’où leur nom.

Ils constituent la deuxième famille la plus importante en nombre d'espèces connues avec plus de 2000 espèces appartenant à 286 genres.

Les cochenilles se nourrissent de la sève, réduisant la vigueur des plantes et excrétant du miellat collant sur lequel la fumagine se développe. Ils sont des vecteurs de virus comme l’enroulement de la vigne.

Si une colonie de cochenilles se développe le long d‘un pédoncule d’un fruit, le fruit peut alors tomber.

Seules les cochenilles femelles attaquent les plantes, les mâles sont minuscules, délicats, et ailés avec deux longs filaments sur la partie postérieure, ne se nourrissent pas et vivent quelques jours tout au plus. Ils sont rarement observés. La plupart des espèces se nourrissent des parties aériennes mais certaines peuvent attaquer les racines comme Rhizoecus hibisci mais pas encore installés en France.

La reproduction de la plupart des Pseudococcidés est sexuée, bien que chez certaines espèces comme P. solani, elle puisse être parthénogénétique en l'absence de mâles.

Pour les femelles adultes et les nymphes plus âgées, le motif cireux recouvrant leur corps, l'épaisseur et la longueur des filaments marginaux peuvent être utilisés pour faire la distinction entre les espèces.

Les cochenilles peuvent avoir de 2 à 4 générations par an qui se chevauchent, et tous les stades peuvent survenir tout au long de l'année.

Les cycles de vie varient selon les espèces. Les femelles adultes de la plupart des cochenilles pondent de 100 à 200 œufs ou plus dans des sacs allongés cotonneux sur une période de 10 à 20 jours.

Ces sacs peuvent être attachés aux couronnes, aux feuilles, à l'écorce, aux fruits ou aux brindilles. Une exception est P. longispinus, qui produit des œufs qui restent chez la femelle jusqu'à ce qu'ils éclosent.

Après l'éclosion des œufs, les femelles passent par trois stades nymphaux avant d'atteindre le stade adulte, tous d'apparence similaire.

Pour la plupart des espèces, les premiers stades mobiles sont jaune clair à orange et exemptes de cire. Dès qu’ils ont trouvés une source de nourriture, ils excrètent rapidement cette cire pour se protéger.

La dynamique des populations varie principalement en fonction des espèces et des conditions environnementales. Les facteurs les plus influents sont la température, l'humidité relative et la photopériode. Pour cette raison, les densités de population les plus élevées sous nos latitudes ont tendance à se produire en fin de printemps et en été, tandis que des températures estivales élevées combinées à des vents secs peuvent entraîner une mortalité importante aux stades juvéniles.

La présence de fourmis favorise le développement des cochenilles farineuses qui les protègent des prédateurs mais aussi facilitent leur dissémination.

En savoir plus sur les cochenilles australiennes & des Seychelles (Monophlebidées)

Autres noms communs : Cochenille flûtée, Cochenille l'icerya ou Cochenille pericerya

Noms scientifiques : Icerya purchasi ou Pericerya purchasi

De la famille des Monophlebidae, ces petits insectes ont une apparence blanchâtre, grisâtre ayant un aspect cotonneux.

Considérées comme originaire d’Australie, elles se sont disséminées un peu partout dans le monde par le transport de plantes ornementales et fruitières. Ce ravageur a été le premier contrôlé par des insectes de manière commerciale avec des introductions de citronniers en Californie vers les 1890.

Les cochenilles se nourrissent de la sève, réduisant la vigueur des plantes et excrétant du miellat collant sur lequel la fumagine se développe et sont souvent protégées par les fourmis.

Cette espèce est hermaphrodite. Les mâles sont rarement observés, ce sont les femelles qui font des dégâts sur les cultures. Facilement reconnaissable par les ovisacs blancs et allongées.

Une femelle pond de 600 à 800 œufs, ils éclosent sous quelques jours en été et jusqu’à deux mois en hiver.

Les jeunes nymphes émergeant sont rouges avec des pattes et antennes noires. Ils passeront par 4 stades pour une femelle et 5 stades pour un mâle. Les mâles vivent quelques jours et possèdent une seule paire d'ailes sombres.

Les stades juvéniles sont souvent trouvés sous les feuilles et petits rameaux alors que les adultes sont souvent trouvées sur des charpentières ou tronc. Ils sont rarement trouvés sur les fruits alors que les cochenilles farineuses, ses cousines sont souvent trouvées sur agrumes entre les fruits.

Le cycle dure au moins 3 mois avec le stade hivernant souvent celui du troisième stade nymphal.

En savoir plus sur les cochenilles à bouclier (Diaspines)

Voici les espèces les plus répandues :

  • Pou rouge de Californie (Aonidiella aurantii)
  • Cochenille du mûrier (Pseudaulacaspis pentagona)
  • Cochenille du fusain (Unaspis euonymi)
  • Cochenille « Pou de San José » (Diaspidiotus perniciosus)
  • Cochenille rouge du poirier (Epidiaspis leperii)
  • Cochenille asiatiques des agrumes (Unaspis yanonensis)
  • Cochenille des aiguilles (Dynaspidiotus regnieri)
  • Cochenille du laurier rose (Aspidiotus nerii)
  • Etc…

Ces insectes de petites tailles, se développent sûr de nombreuses plantes, fruitières et ornementales. Ils vivent aussi en colonies et forment des encroutements sur les tiges et/ou feuilles.

Leur particularité, après leur petite taille, est que si vous les bougez avec un ongle, ils restent accrocher à la plante. Leur aspect est souvent comparé à des coquilles de mollusque. Ils ne produisent pas de miellat.

Ils hivernent à tous les stades et ont rarement plus de 2 à 3 générations par an. En nombre important, ils provoquent le dépérissement de la plante entière, la chute feuille très prématurée, des auréoles sur les fruits (rouge violacée pour Diaspidiotus perniciosus sur la pomme), etc...

En savoir plus sur les cochenilles à carapace - parfois aussi appelé cochenille tortue (Lécanines)

Voici les espèces les plus répandues :

  • Céroplaste du figuier (Ceroplastes rusci)
  • Lécanie du cornouiller (Parthenolecanium corni)
  • Lécanie du pêcher (Parthenolecanium persicae)
  • Cochenille pulvinaire de l’hydrangea (Pulvinaria hydrangeae)
  • Pulvinaire du marronnier d’Inde (Pulvinaria regalis)
  • Cochenille noire de l’olivier (Saissetia oleae)
  • Cochenille noire (Parasaissetia nigra)
  • Pou des Hespérides (Coccus hesperidum)

Plus souvent trouvées sous serre. Mais avec les hivers sans ou peu de froids, on les trouve aussi en extérieur ou dans des zones méridionales. Plus fréquente sur les plantes ornementales.

Leur forme en général est ronde et bombée mais aussi en forme de « tortue » comme les Céroplaste. Ils hivernent à tous stades de leur cycle. Les oeufs sont protégés par la carapace de la femelle jusqu’à ce que les larves émergent et bougent (stade baladeur de quelques heures) pour s’incruster sur la partie de la plante. Les mâles bien différents des femelles sont uniquement pour la reproduction. Uniquement les femelles sont visibles et font les dégâts.

Comme les cochenilles farineuses, elles produisent du miellat dont les fourmis s’en nourrissent. Celles-ci leur assurent une protection contre les prédateurs et parasitoïdes et, certaines espèces de fourmis transportent les jeunes stades pas encore fixer à la plante.

La présence de fourmis aide à identifier où se situent les cochenilles.

Méthodes de contrôle

Pour la cochenille farineuse

Les ennemis naturels fournissent un contrôle biologique partiel à complet de toutes les espèces de cochenille farineuse dans la plupart des endroits lorsqu'ils ne sont pas dérangés par les fourmis, la poussière, les traitements insecticides ou les intempéries.

Pour la plupart des espèces, Cryptolaemus et Nephus sont des prédateurs efficaces et suffisants. Ce sont des coccinelles spécialistes des cochenilles farineuses.

Le stade larvaire et adulte sont tous les deux prédateurs, mais le stade larvaire à une capacité de prédation très élevée et capable de nettoyer un foyer rapidement. Leurs larves imitent les cochenilles les rendant moins attaquer par les cochenilles.

Les prédateurs généralistes telles que Chrysoperla peuvent aussi s’intéresser à la cochenille mais les deux coccinelles sont les plus efficaces (introduire minimum 30/m2).

Pour certaines espèces, Anagyrus est capable de parasiter les adultes mais préfère le deuxième et troisième stade. L’adulte a besoin de fleur car il se nourrit de miellat et de nectar.

Dose :

  • 2 à 10 par m² pour Cryptolaemus et Nephus
  • 0,5 / m² pour Anagyrus

Ci-contre le schéma lutte biologique contre les cochenilles farineuses

Télécharger la fiche lutter contre les cochenilles farineuses

Pour la cochenille australienne (Icerya purchasi) et la cochenille farineuse des Seychelles (Icerya seychellarum)

L’ennemi naturel fournit un contrôle biologique complet de cette espèce de cochenille dans la plupart des endroits lorsqu'ils ne sont pas dérangés par les fourmis, la poussière, les traitements insecticides ou les intempéries.

Rodolia cardinalis est un des très rares prédateurs spécifiques d’Icerya. Ils se reproduisent plus vite que le ravageur et peuvent avoir deux générations pour une génération de cochenille australienne. Mais ils ne supportent pas les hautes températures et donc des introductions au printemps sont plus judicieuses qu’en été.

Dose : 2 à 10 par m2 pour Rodolia

Pour la cochenille cochenille à bouclier et la cochenille à carapace

Lutte physique

La suppression des parties infestées est une méthode qui peut aider dans certains cas en fin de saison car les cochenilles à bouclier et carapace une fois incruster ne bougent plus.

Le nettoyage à haute pression pour les cochenilles à bouclier est aussi possible sur les charpentières une fois le stade baladeur terminé réduira la pression l’année suivante.

Pour les infections locales, un nettoyage avec une solution d’alcoolique (l’alcool est un puissant solvant pour les carapaces, bouclier qui protègent les cochenilles). Attention de tester avant pour éviter que l’alcool brûle les feuilles.

Agricolle sur les stades baladeurs, il permet de contrôler les populations sans affecter les formes adultes d’agents biologiques comme les coccinelles, chryopes, Orius. Ils se concentrent sur les insectes cibles qui y adhèrent de manière spécifique et irréversible.

Application : 300 ml / 100 litres d’eau

Lutte biologique

Les ennemis naturels fournissent un contrôle biologique partiel à complet de toutes les espèces de cochenille dans la plupart des endroits lorsqu'ils ne sont pas dérangés par les fourmis, la poussière, les traitements insecticides ou les intempéries.

Les agents biologiques généralistes peuvent être utilisés (Anthocoride, Orius, Coccinelles) mais les plus « efficaces » sont les chrysopes.

Chrysoperla carnea : les larves de chrysopes sont des prédateurs redoutables. Elles consomment principalement des pucerons et acariens. Elles peuvent se nourrir jusqu’à 500 pucerons au cours de leur cycle, aussi s’attaquer aux œufs et jeunes larves de lépidoptères, de cochenilles, des acariens...

Faire des apports réguliers sur les foyers, réparti de façon uniforme, les chrysopes sont des prédateurs territoriaux, minimum 30/m2

Exochomus quadripustulatus sont des coccinelles européennes d'environ 5 mm de large, noire brillante avec quatre taches rouges typiques, étroitement liés aux espèces d'arbres et d'arbustes, se nourrissant divers types de cochenilles, mais aussi de puceron.

La femelle vit plusieurs mois durant lesquels elle pond plusieurs centaines d'œufs en petits groupes, de préférence à proximité de ses proies. Les stades baladeurs là aussi sont les plus susceptibles aux coccinelles.

Dose : 2 à 10 par m² (25 par arbre)

Attention à la présence de fourmis

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